Symphonie 7 de Dvorak.

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Symphonie 7 de Dvorak.

Message par Ombre le Sam 4 Mar - 20:11

Pour se détendre un peu, voilà la symphonie 7 de Dvorak.



Anton Dvorak (1841-1904), est considéré comme l'un des plus grands compositeurs du XIXe siècle (et donc de la période romantique). Il est aussi le plus grand maitre tchèque dans le domaine, avec Smetana et Janacek.
J'ai toujours énormément apprécié sa musique: il est par ailleurs particulièrement connu pour sa 9e et dernière symphonie, la symphonie dites du "Nouveau Monde" (il a vécu plusieurs années aux Etats-Unis). Mais malheureusement, l'immense célébrité de ce chef d'oeuvre à quelque peu masqué le reste de son œuvre: il a pourtant écrit les danses slaves, le quatuor "américain", des poèmes symphoniques comme "l'Ondin" (à écouter absolument celui là), le trio "Dumky"... des pièces d'une grande créativité.
On entend beaucoup des airs de musique slave ou tchèque dans sa musique: le compositeur était très attaché à sa terre natale et il y a d'ailleurs vécu ses dernières années.
C'est le cas dans la superbe symphonie numéro 7, plus méconnue que le 9e, et qui forme avec cette dernière et la 8e symphonie, la trilogie symphonique la plus magistrale du compositeur.

-L'atmosphère de la symphonie est sombre et tourmentée, particulièrement dans le premier mouvement (00:00 à 10:31), qui peut faire penser à la symphonie "pathétique" de Tchaïkovski. Le mouvement est très impressionnant et puissant, grâce à l'utilisation importante des cuivres et des timbales. Entre temps, on peut y entendre la superbe mélodie d'une berceuse, jouée à la clarinette, puis l'orchestre s'embrase de nouveau. La fin est comme un long murmure qui offre une sorte de soulagement après la tension accumulée.

-Le deuxième mouvement (10:33 à 19:58), beaucoup plus lent et plus doux, est très lyrique (notamment grâce à l'utilisation des instruments à vent, à remarquer l'extraordinaire chant des cors à 13:14). Il est composé comme une sorte de chant de douleur, dans lequel une menace sourde n'est jamais loin (on y entend aussi une sorte funèbre et héroïque). Je trouve personnellement ce 2e mouvement très émouvant, profond et d'un grand raffinement.

-Le scherzo (20:19 à 27:27) est selon moi le mouvement le plus extraordinaire de la symphonie. On y retrouve clairement l'influence de la musique traditionnelle tchèque: c'est comme une sorte de danse populaire très nerveuse, élégante mais féroce, au rythme obsédant et à l'atmosphère sombre. Certains y ont entendu une musique qui a la "beauté du diable".

-Dans le finale (27:29 à 36:05), on retrouve l'atmosphère tourmentée et puissante du premier mouvement. Dvorak y dévoile ses talents d'orchestrateur et montre qu'il maitrise parfaitement sa musique. Le mouvement est comme un emportement romantique et dramatique qui nous tiens jusqu'au bout en haleine. On y décèle le thème du destin, qu'on retrouve chez des compositeurs comme Beethoven ou Tchaïkovski: le mouvement est conçu comme une sorte de combat de l'homme contre son destin. La coda (fin) est puissante et exaltée: elle met un terme à ce finale hallucinant, d'une densité et d'une force inégalée chez son auteur.

Pour résumer, je pense pouvoir dire que cette symphonie 7 de Dvorak est un chef d’œuvre de la musique classique, et elle n'a rien à envier à la symphonie 9 "Nouveau monde" du même auteur. A écouter absolument !

Ombre

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